Aller au contenu
Home Quest

Radon dans la maison : connaître l'exposition de sa commune et agir

Revu le

Radon dans la maison : connaître l'exposition de sa commune et agir

Pour savoir si un logement risque d'accumuler du radon, la première étape consiste à consulter le potentiel radon de sa commune sur Géorisques : la carte classe chaque commune de France en zone 1, 2 ou 3 selon la nature géologique du sol. Seule une mesure sur deux mois en période de chauffage donne ensuite le niveau réel de concentration dans l'air intérieur, à comparer au niveau de référence de 300 Bq/m³.

Un gaz radioactif d'origine naturelle venu du sous-sol

Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle, inodore et incolore, issu de la désintégration de l'uranium et du radium présents dans la croûte terrestre. Il migre à travers les fissures des roches et du sol, puis se dilue très vite à l'air libre. Dans un bâtiment, en revanche, il se concentre : les pièces basses, peu aérées et en contact direct avec le terrain retiennent le radon, surtout en hiver, quand les fenêtres restent fermées et que le chauffage crée une légère dépression qui aspire l'air du sous-sol.

Les roches granitiques et volcaniques contiennent davantage d'uranium que les roches sédimentaires. C'est ce facteur géologique qui explique pourquoi la Bretagne, le Massif central, les Vosges ou la Corse affichent des niveaux de radon plus élevés que le Bassin parisien. La concentration s'exprime en becquerels par mètre cube (Bq/m³), une unité qui compte le nombre de désintégrations par seconde dans un mètre cube d'air.

Comment le radon pénètre-t-il dans les habitations ?

Le radon entre dans une habitation par tous les points de contact entre le bâti et le sol : fissures de la dalle, joints entre murs et plancher, passages de canalisations, regards, cave en terre battue ou vide sanitaire mal ventilé. Une maison individuelle de plain-pied, sans sous-sol isolé du terrain, présente donc une exposition supérieure à un appartement en étage.

Trois paramètres font varier la quantité de radon qui s'accumule dans un logement :

  • la richesse du sous-sol en uranium et sa perméabilité (failles, anciennes mines, terrains fracturés) ;
  • l'étanchéité de l'interface entre le sol et le bâtiment ;
  • le renouvellement de l'air intérieur, qui dilue le gaz ou au contraire le laisse stagner.

Deux maisons voisines peuvent ainsi présenter des concentrations très différentes, et un niveau faible chez un voisin ne garantit rien pour sa propre maison.

Connaître le potentiel radon de sa commune

La cartographie du potentiel radon, établie par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, intégré depuis le 1er janvier 2025 à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, ASNR), répartit les communes françaises en trois zones. L'arrêté du 27 juin 2018 fixe cette répartition, et le site Géorisques permet de connaître le potentiel radon de n'importe quelle adresse en tapant le nom de la commune.

ZoneNature du solCe que cela implique pour le logement
Zone 1Formations géologiques pauvres en uranium (bassins sédimentaires)Potentiel radon faible ; une concentration élevée reste possible dans un bâtiment très confiné
Zone 2Sol pauvre en uranium mais traversé de failles, de cavités ou d'ouvrages miniersPotentiel faible avec facteurs qui facilitent la remontée du gaz ; mesure recommandée en cas de doute
Zone 3Massifs granitiques, certaines roches volcaniquesPotentiel significatif ; information obligatoire des acquéreurs et locataires, mesure vivement conseillée

La zone ne mesure pas le radon d'un logement donné : elle indique une probabilité. Une commune en zone 3 compte de nombreuses habitations sous le niveau de référence, et une commune en zone 1 peut abriter une maison très exposée.

Quels sont les risques du radon pour la santé ?

Le radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l'Organisation mondiale de la santé, le classe depuis 1987 parmi les cancérigènes certains pour l'homme. En respirant, on inhale les descendants solides du radon, qui se fixent dans les bronches et irradient les cellules pulmonaires.

Santé publique France attribue environ 3 000 décès par an au radon en France. Le risque de cancer augmente avec la concentration moyenne et la durée de l'exposition, sans seuil en dessous duquel il disparaît. Il se cumule fortement avec le tabac : un fumeur exposé au radon court un risque bien supérieur à celui d'un non-fumeur exposé à la même concentration. Une toux persistante ou un essoufflement chez une personne qui vit depuis longtemps dans une maison exposée justifie d'en parler à son médecin traitant, qui jugera de l'intérêt d'un bilan auprès d'un pneumologue.

Comment détecter le radon dans mon logement ?

Pour détecter le radon dans un logement, il faut un dosimètre passif, un petit boîtier posé dans les pièces de vie pendant au moins deux mois, entre mi-septembre et fin avril. Cette période de chauffage correspond aux concentrations les plus fortes, et une durée longue lisse les variations d'un jour à l'autre. Le particulier renvoie ensuite le dosimètre au laboratoire, qui calcule une moyenne annuelle approchée.

Où poser le dosimètre

Le kit de mesure se pose à hauteur d'homme, loin d'une fenêtre, d'un radiateur ou d'une bouche de ventilation, dans une pièce occupée : séjour et chambre au niveau le plus bas habité. La cave, qui n'est pas une pièce de vie, renseigne sur l'entrée du gaz mais ne reflète pas l'exposition des occupants.

Détecteur électronique ou dosimètre ?

Les détecteurs électroniques affichent un taux de radon en continu et servent à repérer une source ou à suivre l'effet de travaux. Pour un premier diagnostic radon, la mesure intégrée sur plusieurs semaines reste la référence, car un relevé de quelques jours dépend trop de la météo.

Lire le résultat : 300 Bq/m³ et après

Le niveau de référence français pour le radon dans l'air intérieur s'établit à 300 Bq/m³ en moyenne annuelle (Code de la santé publique). L'OMS recommande de viser 100 Bq/m³ lorsque c'est possible. Ces repères orientent l'action plutôt qu'ils ne séparent un logement sain d'un logement dangereux :

  • sous 300 Bq/m³ : des gestes simples d'aération suffisent, la réduction reste utile si la mesure approche ce niveau ;
  • entre 300 et 1 000 Bq/m³ : des actions sur l'étanchéité et le renouvellement de l'air s'imposent ;
  • au-delà de 1 000 Bq/m³ : des travaux rapides, souvent avec l'appui d'un professionnel du bâtiment formé au radon, puis une nouvelle mesure pour vérifier le gain.

Le radon s'ajoute à d'autres polluants que suit le carnet de santé du logement, qui rassemble l'historique des travaux et des contrôles d'une habitation.

Comment réduire la présence de radon dans ma maison ?

Réduire la concentration de radon dans une maison repose sur deux principes : empêcher le gaz d'entrer et diluer celui qui entre. Les solutions vont des gestes quotidiens aux travaux sur le bâti.

  • Aérer chaque jour, au moins dix minutes, et ne jamais boucher les entrées d'air.
  • Calfeutrer les fissures de la dalle, les passages de réseaux et les trappes vers la cave.
  • Ventiler le vide sanitaire ou le sous-sol pour évacuer le gaz avant qu'il n'atteigne les pièces habitées.
  • Installer ou réviser une ventilation mécanique contrôlée, en évitant qu'un système mal réglé mette le logement en dépression.
  • Mettre en dépression le sol sous la dalle (système de dépressurisation), solution la plus efficace pour les concentrations très élevées.

Ces travaux se combinent souvent avec une rénovation énergétique : une isolation qui rend la maison plus étanche peut faire grimper le radon si le renouvellement de l'air ne suit pas. L'ARS de chaque région publie des fiches de conseil sur le sujet, et certaines agences régionales de santé organisent des campagnes de dépistage gratuites dans les territoires granitiques, avec un plan d'actions pour protéger les occupants des communes les plus touchées.

Pour un bailleur, réaliser ce type d'aménagement avant la mise en location protège les locataires et facilite la lecture de l'état des risques (IAL), qui renseigne aussi sur l'environnement du bien : inondation, séisme, cavités.

Quelles sont les obligations concernant le radon ?

Aucune mesure n'est imposée au particulier dans sa résidence. Les obligations visent l'information et certains bâtiments recevant du public :

  • dans les communes en zone 3, l'état des risques remis à l'acquéreur ou au locataire mentionne le potentiel radon (information obligatoire depuis 2018) ;
  • les établissements d'enseignement, d'accueil de jeunes enfants, sanitaires, thermaux et pénitentiaires réalisent une mesure du radon tous les dix ans en zone 3, et en zones 1 et 2 lorsqu'une mesure précédente dépassait le niveau de référence ;
  • sur les lieux de travail, l'employeur évalue le risque radon et engage des actions si le niveau dépasse 300 Bq/m³.

L'information sur le radon entre dans le dossier remis lors d'une vente, aux côtés des diagnostics immobiliers obligatoires comme l'amiante, le plomb ou le DPE. Le service public détaille les démarches sur sa fiche consacrée au radon dans l'habitat.

Radon et amiante, deux risques invisibles qui se gèrent différemment

Le radon et l'amiante touchent tous deux le poumon, mais leur gestion diffère. L'amiante vient de matériaux posés dans un bâtiment construit avant 1997 et se repère par un diagnostic, comme le rappelle le cas des foyers exposés à l'amiante en HLM. Le radon, lui, vient du sol, varie d'une saison à l'autre et ne se détecte que par une mesure dans la durée. Un logement neuf, sans aucune trace d'amiante, peut contenir du radon si sa dalle n'est pas étanche.

Radon et logement : réponses courtes aux questions des occupants

Quel est le taux de radon dans ma commune ?

Aucune carte ne donne le taux de radon d'une commune : Géorisques indique son potentiel radon (zone 1, 2 ou 3). Seule une mesure dans le logement fournit une concentration.

Un appartement en étage est-il concerné par le radon ?

Un appartement situé au-dessus du premier étage présente en général une concentration faible, car le radon vient du sol ; les logements en rez-de-chaussée et les maisons restent les plus exposés.

Faut-il refaire une mesure après des travaux ?

Oui, une nouvelle mesure de deux mois en période de chauffage vérifie l'efficacité des travaux, car l'effet d'une étanchéité ou d'une ventilation se juge sur le niveau réel obtenu.

▲