Diagnostic Radon


Diagnostic RadonPeu connu du grand public, le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle, largement répandu dans notre environnement : c’est la principale source d’exposition naturelle pour l’être humain aux rayonnements ionisants. Le risque lié au radon est bien réel, c’est pourquoi les pouvoirs publics l’ont inclus dans le Plan National Santé Environnement (PNSE) de 2004 afin de mieux maîtriser les conséquences et de sensibiliser la population à ce sujet.

Qu’est-ce que le radon ?

Cancérogène, incolore et inodore, le radon est considéré comme la seconde cause de cancer du poumon : il est à l’origine de 6 à 11 % des décès et 20 000 décès en Europe sont imputables à la présence de radon dans les habitations.

Ce gaz se développe suite à la dégradation de l’uranium, du radium ou du thorium présents en quantité importante dans la croûte terrestre. Le radon atteint nos habitations par les sous-sols, principalement granitiques ou volcaniques, par l’eau ou tout simplement par l’air.

La dangerosité du radon a été mise en avant dès 1987 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) (Source) et par des études qui ont prouvé que les risques de cancer étaient plus importants chez des personnes ayant été exposées au radon (travailleurs dans les mines d’uranium). La contamination des logements passe aussi par des constructions effectuées sur des sols perméables et fissurés qui permettent au radon, par le biais des systèmes de ventilation, de s’infiltrer à l’intérieur.

Extrêmement radioactif, le radon n’est pas réparti de façon égale sur tout le territoire : on peut même noter des disparités d’une région à l’autre, voire d’une commune à l’autre. L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) a dressé une carte des 31 départements français concernés par le diagnostic radon :

Diagnostic Radon Carte

Allier – Ardèche – Ariège – Aveyron – Calvados – Cantal – Corrèze – Corse Du Sud – Deux Sèvres – Haute-Corse – Côtes d’Armor – Creuse – Doubs – Finistère – Hautes-Alpes – Haute-Loire – Haute-Marne – Hautes-Pyrénées – Haute-Saône – Haute-Vienne – Indre – Loire – Lozère – Morbihan – Nièvre – Puy de Dôme – Rhône – Saône et Loire – Vosges

Le Contrat des Risques d’Exposition au Radon viendra ainsi s’ajouter au dossier des diagnostics techniques.

Le diagnostic Radon

Dosimètre RadonA l’heure actuelle, ce diagnostic n’est pas obligatoire pour les particuliers mais il pourrait, à terme, le devenir. La réalisation du diagnostic se déroule en deux temps : une étape réalisée directement par le propriétaire et dans certains cas, une seconde effectuée par un professionnel.

Le propriétaire doit se doter d’un dosimètre radon, vendu entre 20 et 35 € par seulement 5 sociétés en France, afin de procéder à des relevés dans son logement. Le dosimètre doit être placé à l’étage le plus bas de la maison, à environ 1,50 m du sol. Il y reste au minimum deux mois, entre le 15 septembre et le 15 mai pour une mesure fiable, les périodes estivales sont à éviter.

Le dosimètre grâce à un film sensible va enregistrer les désintégrations radioactives des atomes de radon et mesurer le niveau dans l’habitation. Au bout des deux mois, si le résultat indique 200 BQ/m3 dans un bâtiment à construire ou 400 BQ/m3 dans un bâtiment existant, le propriétaire doit faire appel à un professionnel pour des analyses plus poussées et mettre en place des actions pour faire diminuer ce taux.

Diagnostic RadonLe Haut Conseil de la Santé Publique souhaite baisser le seuil de concentration en radon à 300 BQ/m3 dans un premier temps, puis à 100 BQ/m3 (objectif final).

Le diagnostiqueur est engagé afin de déterminer précisément les voies de pénétration du gaz, confirmer la concentration de radon, inspecter de façon méthodique la construction (sous-sols, dalles, planchers, etc.) et proposer des solutions. En général, il n’en existe que deux :

  1. installer un système de ventilation mécanique, si cela est impossible, aérer régulièrement les pièces par l’ouverture des fenêtres ou portes ;
  2. rénover les sous-sols et les canalisations, en refaisant l’étanchéité et par la remise à neuf des vides sanitaires.

Il faut toutefois savoir qu’il est impossible d’éliminer totalement ce gaz d’une habitation, il est seulement possible d’en réduire le taux.

Le radon dans les établissements recevant du public

Il est fort probable que le diagnostic devienne obligatoire chez les particuliers comme il l’est déjà pour les établissements recevant du public tels que les écoles et hôpitaux, les maisons de retraite et EHPAD, les foyers d’hébergement, les établissements carcéraux ou thermaux etc.

La politique du gouvernement concernant le radon est de renforcer la gestion du risque dans l’habitat existant et dans les constructions neuves, d’accompagner et contrôler la mise en œuvre de la réglementation dans les ERP et enfin améliorer et mieux diffuser les connaissances sur l’exposition au radon auprès du public.

Le rôle du professionnel qui intervient dans les ERP est très encadré, il a été soigneusement formé et possède plusieurs moyens technique de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire : détecteurs solides de traces nucléaires, moniteurs Alphaguard pour la mesure en continu du radon, fioles scintillantes et compteurs alpha portatifs pour la mesure ponctuelle du radon, radiamètres permettant la recherche rapide de sources de rayonnements ionisants, appareils de mesure de la ventilation.

Depuis août 2003, les professionnels doivent avoir déposé une demande d’agrément auprès de la Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection.